GAM
Les établissements GAM (Groupes et Accessoires pour Motocyclettes), Ribourg et Cie, 20bis, rue Richard, à St Etienne étaient capables de fournir 10 modèles de cadres. Les réservoirs d'huile et d'essence, carters et garde-chaînes, garde-boues nervurés, fourches élastiques, coffres à outils, moyeux et freins font partis de ses "spécialités". Très identifiables, les fourches, moyeux, frein provenaient de AYA. Le catalogue fourni aussi les pneus, les accessoires pour l'alimentation essence / huile, les cables, les manettes, les caoutchoucs, les guidons, les compteurs, les carburateurs (CJ et AMAC), les magnétos (MEA), les équipements électriques, les boîtes à vitesse (Staub et AYA) et les moteurs (JAP, Péa, Chaise), en résumé "tout ce qui concerne la moto".
Chez Styl'son les manchons de cadre proviennent de chez GAM, et sans certitude absolue c'est aussi le cas des garde-boues. Probablement les cadres, réservoir et garde-boues sur les premiers modéles. Les accessoires, guidon, pédale de frein, chappes de frein, feux arrières sont eux aussi fournis par GAM. Les cadres Styl'son de 1929 n'ont pas d'équivalent dans le catalogue GAM, ni les réservoirs. Mais ces éléments sont retrouvés parfois chez d'autres marques (France Sport, 350 à moteur Chaise) et la seule référence GAM est le catalogue N°3 de 1930 !
Catalogue GAM N° 3 (1930)
Royal Sport
Un bon exemple de la production chez GAM, dans ce dépliant Royal Sport de 1928. Et de l'étendue des motorisations dans la gamme produite pour Royal Sport : des 175 et 250 cm3 Aubier Dunne, en passant par les JAP latérals et culbutés de 250 à 500 cm3, ( mais aussi hors dépliant les Chaise ACT, les 175 Massardier) jusqu'au 500 cm3 Koehler Escoffier ACT pour le modèle Compétition. Royal Sport utilise les cadres GAM de tout type. Le premier modèle Royal Sport, motorisation 250 JAP latéral est homologuée en juin 1928, et la marque semble disparaître en 1931.
GAM a équipé un bon nombre de marque aujourd'hui oubliée. Chez Royal-Sport (Devaux & Cie, 241 bis, avenue Daumesnil, Paris, mais "usines" à St Etienne...), certains modèles de la gamme sont 100 % GAM. C'est le cas de la 250 "Sport Spéciale de Luxe", vue ici dans sa version pour Paris-les Pyrénées-Paris en 1929. On reconnait le cadre GAM "sport", le moteur JAP associé à une boîte à vitesse Staub. Chez France-sport (Toulouse) est présenté un modèle identique aux décalcomanies près.
Illustration : Moto Revue salon 1929.
175 Royal Sport
Très proche de la machine du GP de France 1930, voici cette 175 Royal-Sport à moteur Pauvert, vue aux "Ancêtres" 2025 organisé par la Retrocyclette à St Salvadou (Aveyron). On retrouve un cadre et les accessoires GAM. Le guidon, avec poignées tournantes gaz et avance, a un cintre très sportif. Le réservoir d'huile est spécifique aux moteur 2 temps. Le carburateur, en aluminium, et d'après guerre, n'est pas celui d'origine. Rarement vue, la boîte à vitesse est une AYA. Montage d'origine, la pédale de frein arrière est déportée à gauche, fort probablement à cause de l'encombrement du carburateur. Le bouchon de réservoir est sur charnière. Cette rare moto est donc pensée pour la course.
Références
France Sport.
France Sport est une marque des établissements René Bancal. L’adresse, 54, rue Bayard, à Toulouse, mais rien n’est sur pour la fabrication des cycles et motocycles en ce lieu. L’intégralité de la documentation « usine » semble avoir été détruite lors de la fermeture de l’entreprise. Les Ets Bancal étaient un "manufrance" régional, avec une origine initiale Albigeoise. Néanmoins les Ets Bancal ont eu des adresses à Lyon, Paris et Barcelone. Les cycles et leurs accessoires, mais aussi pour les automobiles, fournitures industrielles, articles de sport, radios, outillages, équipements électriques... Pour les 2 roues les Ets René Bancal sont renommés dans le cycle avec la marque France Sport, déposée en 1909. L'équipe France Sport existera de 1923 à 1953, avec des coureurs de premier plan. Seront commercialisés aussi des vélos sous les marques Bayard-Sport, Milor et Diamon. J'ai toujours dans le garage, le Diamon, familial. Si les vélos ont laissé de nombreuses traces, ce n'est pas le cas des motos. Ainsi, après guerre, certaines motos seront identifiées "constructeur présumé : René Bancal, France Sport" ! Les motos France Sport des années 20 sont complètement identiques aux Royal Sport, y compris les coloris de peinture, mais en l'absence de catalogue survivant, il est impossible de déterminer qu'elle était la gamme. Des motos ont survécu : 175 deux temps, 250 et 350 moteur JAP soupapes latérales à cadre entretube, 250 et 350 moteur Chaise à culbuteurs à cadre réservoir en selle. Les logos de la marque reprennent souvent les 3 couleurs du drapeau français. Pour la petite histoire une France Sport 350 a participé au GP de Carcassonne en 1931...
Après guerre, l'activité 2 roues motorisées se poursuivra brièvement, avec la commercialisation de cyclomoteur à moteur FTK.
Bayard Sport, Milor et Diamon
Extraits registres d'immatriculation
Et toujours sur Toulouse :
A cette époque Toulouse comptait aussi un autre constructeur moto : Mouette d'Or. Cycles et motocyclettes. Une histoire qui commence en 1905 avec le vélo. Avec 3 adresses : 2, square Rolland, 27 et 29 rue d’Aubuisson et 23, rue Riquet à Toulouse. Mouette D'or est mieux connue que France Sport car il reste de la documentation (en revanche très peu de motos.) Pour les années 20 (à partir de 1926), c'étaient des Ravat, avec les décalcomanies Mouette d’Or, une couleur grenat pour le réservoir, et des plaques constructeurs spécifiques. De 100 à 175 cm3. Et de rares cyclomoteurs après guerre.
Pas bien loin, à Albi, Combelles, vendeur et réparateur cycles et motocycles, commercialisait des motos Radior (Bourg en Bresse), sous sa marque, Albi Sport.
Vue à la bourse-exposition de Bram en 2016, cette 350 France Sport à moteur Chaise, utilise une partie cycle identique à une Styl'son MK ou MH. Le cadre et le réservoir sont identiques. Les garde-boues nervurés, caractéristiques de GAM sont plus rares chez Styl'son. La fourche, les moyeux et les tambours proviennent des établissements AYA.
175 France Sport

Champeyrache
Cadre sport pour cette Champeyrache, une marque surtout automobile, à Alais (Gard). Le batiment du garage avec une très belle facade existe toujours. Avec la nourrice à huile, c'est probablement un moteur 2 temps qui était dans cette partie cycle. Le moteur JAP en place lors de cette photo est pour le moins étrange : bas moteur de culbuté et haut moteur de latéral.
Elvish 350
Très bel exemple de cadre GAM double berceau pour boîte séparée avec cette Elvish 350 lors du départ de Paris Pau le 22 février 1928.
Fontan 350
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Elvish Fontan
Winster
C'est à Valence (Drôme), impasse Chevandier, que fut domiciliée l'entreprise Winster. La marque a été déposée par les frères Bobichon, connus dans le monde de la moto pour leur moto Bob 250 à moteur Anzani ACT de 1925 (c'était une New Map ATT 250...).
Le dessin de la décalcomanie de réservoir est un avion monoplan avec l'écriture Winster. Je n'ai pas d'explication pour ce lien vers l'aéronautique, pilote ou mécanicien, pendant la première guerre mondiale ? La production des Winster dans le domaine du vélo a perduré jusque dans les années 70. Dans la période avant guerre, des motos et BMA. Assurément, une production marginale dans le domaine de la moto : les Winster sont rares ! Le catalogue 1928, référençait 5 modèles, une 175 deux temps à moteur Gras, et des motos à moteur JAP à soupapes latérales ou culbutées en 250 et 350, toutes à cadre entretube.
J'ignore tout au sujet du moteur et boîte de vitesse Gras, siglés "Gras Lyon". Etait-ce une production des Sociétés de construction électrique et mécanique de Dijon, la raison sociale de la marque Jean Gras, connue pour ses automobiles dans les années 20, et dont l’usine était à Lyon-Monchat, 16 rue Louis et rue Antoinette. Jean Gras fabriquait ses moteurs et boîtes pour ses automobiles, je peux supposer qu’il avait la capacité de se diversifier vers les mécaniques pour motocycles, à vérifier…
Une Winster, plus récente, à moteur JAP OHV, 350 cm3, réservoir en selle a survécu, ainsi qu'une autre avec une motorisation Chaise 350. Enfin, cette très belle 250 de 1928, qui a miraculeusement conservé sa peinture d'origine, avec la "nuance havane" spécifiée par la marque Valentinoise. Les machines des années 20 sont clairement constituées de pièces GAM, pour les "réservoirs en selle", c'est moins sur.
Cette Winster 250 de 1928, est restée dans un excellent état d'origine, avec sa belle couleur "havane". Tout provient de GAM, cadre, réservoirs, garde-boues, guidon, boîte à outils, porte bagage, plaque d'immatriculation, frein de direction, fourche et roues AYA. La Winster dispose d'un insigne constructeur sur la colonne de direction, un élément bien rare sur ces machines. Bien sur, pas de plaque constructeur : le numéro de série est frappé quelque part sur le cadre. Le moteur JAP 250 de type B, est de 1928 (B/C). Bon retour sur le route pour cette belle motocyclette !
Références
- LVM N° 827 du 24 février 2015. Rubrique "les marques de la Seine", avec un article de Bernard Salvat sur les motos Royal Sport.
- "654 marques motocyclistes de Paris et de la Seine", de Bernard salvat, éditions EBS 2019, avec 2 pages sur les motos Royal Sport .
- Catalogue GAM N°3 de 1930.
- "Carcassonne le grand prix oublié", de Charles Camberoque, éditions "les communications de la Clastre" 2013.
- Revue le Motocyclettiste N°97 de mai 2005 . Etude sur les motos New Map avec un encart sur la moto Bob à moteur Anzani.
- numériques :
forum tontonvelo.com. Un très bon sujet sur France Sport.
https://forum.tontonvelo.com/viewtopic.php?f=1&t=3940&start=0&sid=59f4828d32bfcc181754361186214744
Cycles et motos de la Loire : http://httpcyclomotosloire.e-monsite.com/






















































